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Le pouvoir de l’arbitraire et autres raccourcis intellectuels

Je ne suis pas un spécialiste du football comme Jean Luc Arribard ou Rolland Courbis, Daniel Riolo ou Jean Michel Larqué.

Ça fait des années qu’on les entend analyser les matchs de foot, découpant au scalpel les prestations des équipes en général, des joueurs en particulier. En gros ce sont des sommités du football qui ont un droit de vie ou de mort sur les joueurs qui ne trouvent pas grâce à leurs yeux.

Je ne dis pas qu’on ne peut pas critiquer le rendement d’un joueur surtout lorsqu’on l’annonce hyper talentueux.

Je dis qu’il faut d’abord évoquer le schéma tactique dans lequel il évolue puis savoir si ce schéma tactique permet au joueur de donner le meilleur de lui-même. Sur ce point je n’ai entendu aucun des spécialistes exposer une analyse objective. Pourtant Ils passent leur temps à dire qu’ils sont objectifs. En général je me méfie des gens qui se déclarent objectifs. On ne se déclare pas objectif, ce sont les autres qui constatent que nous le sommes ou pas. Pour moi les gens qui se voient objectifs, ont plus de chances d’être arbitraires qu’objectifs. Mais comme je suis subjectif, on pourra me retourner le compliment.

Hier, ces spécialistes du ballon rond et du merveilleux rectangle vert sont tombés à bras raccourcis sur Pogba.

Comme souvent en France on cherche des boucs émissaires au lieu de trouver des solutions. Je ne défendrai pas Pogba si Conte ne le défendait pas, je ne le défendrai pas si Pirlo, Marchisio, joueurs de classe mondiale ne lui trouvaient pas les qualités que nos spécialistes ont du mal à voir. Je ne défendrai pas Pogba s’il était un Ballotelli Bis.

J’ai regardé la première mi-temps de France-Eire avec la boule au ventre car j’ai su que Matuidi allait jouer à droite. Matuidi est un pur gaucher qui joue à gauche, je ne l’ai jamais vu à droite. Pogba a joué dans sa position préférentielle à gauche. Le mal être de Matuidi à droite et sa compréhensible difficulté à trouver ses marques sur un côté où il n’en a pas a déséquilibré toute l’équipe. Pogba s’est retrouvé dans le secteur de Rami pour tenter de défendre et il a provoqué un penalty. Si les remarques assassines des spécialistes avaient été des balles de revolver, Pogba serait mort depuis hier. Et je pense sincèrement qu’ils auraient continué à tirer même si la première balle l’avait tué.

Jamais je n’aimerai la France comme j’aime l’équipe de France. L’équipe de France est le royaume de la méritocratie, elle intègre mieux que la France. Payet en est la preuve, je suis supporter de l’OM donc je ressens une immense fierté quand je vois un Payet en lequel j’ai toujours cru dépasser les espérances des spécialistes qui l’ont toujours descendu. On peut sortir des petits papiers d’un entraîneur puis y revenir quand on est bon.

Aujourd’hui, en fonction du vent, ces girouettes se tournent vers Payet quand il marque un but, puis vers Griezmann quand il marque à son tour. Ces experts changent de leader technique après chaque match.

Ils sont tellement subjectifs qu’ils ne sont même pas capables d’admettre qu’une équipe déséquilibrée a toutes les chances de démarrer son match comme l’a fait la France face à l’Eire.

Ces gens qui ne comprenaient pas pourquoi Sagna était en équipe de France, s’extasient de sa qualité de centre.

Et ils ne loueront jamais l’esprit d’équipe de Pogba qui en reprenant le côté droit a rééquilibré le milieu. Sur ce côté qu’il affectionne peu il s’est appliqué à se mettre au service de son équipe.

Deschamps s’entête à vouloir aligner Pogba et Matuidi ensemble mais c’est une erreur car le rendement de Pogba à ce poste en fait la cible favorite des spécialistes. Si Diarra n’avait pas été blessé il aurait joué à la place de Kanté, Kanté à la place de Pogba et Pogba à celle de Matuidi.

Aucun spécialiste ne dira que Pogba paye les conséquences de la blessure de Diarra. Ils préfèrent le descendre. C’est simple comme dans un western et ça permet de ne pas chercher à comprendre pourquoi un joueur encensé par l’actuel sélectionneur italien n’arrive pas à donner sa pleine mesure en équipe de France.

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Motion Sickness, la vie en VR

Je ne suis pas un immense fan de réalité virtuelle.

 Quand on voit que certains ont du mal à voir la réalité telle qu’elle est vraiment, si on leur donne l’impression d’être réellement en train de secourir un chiot à 300 mètres au-dessus du vide, ils ont toutes les chances de rester perchés.


Jusqu’à présent ma plus grosse crainte en termes de réalité virtuelle était de voir dans la réalité un monstre croisé lors d’une session de réalité virtuelle. Clairement, j’ai retiré le casque depuis plus de deux heures mais dans le métro, Sadako me retrouve et décide de faire un bébé avec moi. Je risque de me ridiculiser en essayant de fuir quelqu’un que je serai le seul à voir.                                                           
J’ai vu les premiers casques (et gants) de réalité virtuelle à l’époque de MicroKid’s au milieu des années 90 et le scepticisme que je ressentais à l’époque ne m’a pas quitté. Altérer la perception des gens me semble être un jeu dangereux.
Je suis toujours à l’écoute de la promesse marketing malheureusement je n’ai jamais vu un service marketing tenir ses promesses.


Si la réalité virtuelle permettait d’approfondir le réel en volant avec les oiseaux, explorer la forêt amazonienne ou piloter la formule 1 de Sébastien Grosjean, je serai ambassadeur VR bénévole. J’irai partout prêcher la parole virtuelle. Je danserai en slip chaque matin.
Le problème c’est que compte tenu de la médiocrité de la nature humaine je vois plus la VR comme un moyen pour vivre le réel par procuration. Et franchement si la réalité virtuelle est utilisée pour courir un jogging virtuel, promener son chien virtuel ou faire l’amour dans un casque VR autant se flinguer tout de suite.


Je n’aurai pas cru vivre dans une époque où un jeu comme The Cubicle verrait le jour. Dans The Cubicle vous pourrez jouer la secrétaire, le mécanicien ou le contre maître qui emmerde le mécanicien. Vous êtes un jeune Hipster qui galère dans son open space ? Jouez le rôle d’un travailleur manuel qui se salit les mains pour gagner sa vie. Un concept nouveau qui vous permet de vous rouler dans l’huile de moteur sans salir votre costume Yves Saint Laurent. Et qui sait ? Vous pourrez peut-être lier l’utile à l’agréable en entraînant un jeune mécano musclé dans vos galipettes et vous lancer dans une session de VR Porn, le cauchemar qui nous vient de Total Recall.

 Là on atteint clairement le point Godwin de l’humanité. Sincèrement  je n’ai pas envie de soutenir cette industrie qui va faire de nous des robots sexuels. Je préfère continuer de percevoir distinctement la différence entre le fantasme et la réalité. Le fantasme c’est cette jeune femme de taille haute, potelée comme jamais, qui avance vers moi, la réalité c’est cette jeune femme qui passe sans m’adresser un regard. Ça ne se passe pas toujours comme ça mais je souhaite que cela puisse continuer à se produire. Je ne veux pas que le futur me retire cette éventualité en m’enfermant dans de virtuelles certitudes. Car le sel de la vie réside dans l’incertitude des actions aux destins aléatoires. La vie est suffisamment programmée socio-culturellement pour que mon numéro de sécurité sociale ne devienne mon adresse IP.

 Il faudra penser un jour à redevenir humain car l’humanité atteint les sommets de l’inhumain. Une nature qui perd son sens donne vie à un humain qui modifie sa perception sans en connaitre les conséquences sur le long terme, un humain déshumanisé qui n’aurait pas déplu à Hitler. Nous devenons les cobayes volontaires de leurs expériences irresponsables et nous pousseront des cris comme cette jeune femme qui risque de faire des cauchemars intéressants prochainement. 

Le selfie vous a tué

Le Selfie a fait de vous la capitale du Nouveau Monde, le monde autocentrée autour d’un ego concentrique.

Vous êtes devenu le nombril de ce monde et les mouches à merde bling bling tournent autour de vous. L’autre n’est même plus un regard, l’autre est l’ombre de vous même n’incarnant plus grand chose aux yeux du chef-d’oeuvre que vous êtes car au mieux il est le Personnal Assistant qui subit votre humeur bipolaire au pire c’est un hater, un jaloux qui ose avoir de l’esprit. La contradiction ne se vend plus car sa valeur a été vidé de sa substance.
La contradiction c’est de l’envie mal maquillée qui n’attend que votre prochain atelier make up sur YouTube.
En attendant vous utilisez votre barre à selfies pour les faire patienter et mesurer votre popularité en temps réel. 300 j’aime en moins de 5 minutes une armée de branleurs anonymes vous a sorti la tête de l’eau. 300 j’aime mais je m’en fous car Kim K ou sa petite soeur en ont 300 par centième de seconde. Vous avez été flingué par le quantitatif et
les cannibales qui se nourrissent d’impressions et de salades bouffent les dernières heures de votre existence.
Sans compter la prochaine vague de pin up pré pubères qui vous fera passer pour une milf à 25 ans.

Je savais qu’on pouvait blesser sans s’en rendre compte mais il est encore plus surprenant de mourir sans le savoir.

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L’industrie du risque

Contrairement à ce que disent certains analystes l’industrie du disque n’a pas été tué par le numérique et les sites de téléchargement illégaux.

Si les décideurs de cette industrie avait su voir venir la mutation du marché du disque ils auraient eux-mêmes organisé la migration de leur catalogue vers des plateformes numériques. Comment se fait-il que des bibliothèques, qui semblent être des lieux plus archaïques et poussiéreux que des Fnac et autres magasins culturels, aient su s’adapter à l’évolution technologique en numérisant l’ensemble des œuvres proposés aux publics ? Peut-être est-ce la fragilité du papier qui a incité à la numérisation des ouvrages. Quoiqu’il en soit ce mouvement qui aurait dû venir de l’industrie du disque a été initié par des geeks qui se sont eux-mêmes crées l’outil qui leur permettait de faire tenir dans leur jukebox mp3 l’ensemble de leur collection de CD et disques vinyles.

Quelle a été la réaction de l’industrie face à ce nouvel outil extraordinaire qui permettait de stocker des gigas de données ? Une réaction brutale et agressive, une armée d’avocats a fondu sur des no life, des geeks pour leur faire cracher ce qu’ils devaient aux ayant droits.

L’industrie du disque n’a pas voulu voir le changement sinon elle n’aurait pas snobé le mp3 quand il lui a été proposé. Si l’industrie du disque avait investi dans les balbutiements du mp3 ils n’auraient pas eu à supporter les charges d’exploitations de chaines de magasins de plus en plus vides.

Avec le numérique on est plus obligé d’aller dans un magasin où on est même pas sûr de trouver le CD qu’on cherche, indisponible soit parce qu’il est en rupture de stock soit parce que le vendeur a la flemme d’aller le chercher dans la réserve.

L’avantage du numérique c’est qu’il n’y a plus de rupture de stock. Quand on a fait partie de cette génération qui allait à Gibert Joseph le samedi matin pour acheter des albums importés du Japon car la maison mère US ne le rééditait plus, on sait que Napster n’a pas tué l’industrie du disque. Napster a prolongé la durée de vie du disque et même si au départ ils ont fait la sourde oreille ils sont obligés d’admettre qu’une plateforme de vente ouverte 24h/24 est la plus rentable des surfaces commerciales.

La paternité de ta parole

On connaît tous des gens, des manipulateurs qui vous répètent le lendemain ce que vous leur avez dit la veille. Jusque-là ça va, ça prouve qu’on vous écoute et qu’on retient ce que vous dites. C’est même quasiment un miracle à l’époque du matraquage publicitaire où les annonceurs courent après la mémorisation de leur message.

Le problème ne vient pas de la mémorisation du message.

Le problème que les manipulateurs rencontrent lorsqu’ils assimilent le message c’est qu’ils s’assimilent avec. C’est comme si leur for intérieur arrivait à fabriquer de toute pièce un souvenir où ils se voient en train de vous dire ce que vous leur avez dit. Un message aussi sophistiqué ne peut venir que d’eux, d’un scientifique de renom ou, au pire, d’un éminent intellectuel qui de part son titre d’intellectuel valorise le cerveau de ceux qui pensent avoir retenu quelque chose de la veille.

Vous vous retrouvez donc là à écouter ce que vous avez dit hier.
Votre interlocuteur vous prend pour un con sans oublier de vous flinguer au passage car détruire votre crédibilité lui donne un avantage indéniable.
L’on dénigre votre personne afin que vous ne puissiez jamais être la source de ce que vous dites. Même si vous le dites la paternité de votre parole ne vous reviendra pas. La décrédibilisation a détruit tout liens de parenté entre votre parole et vous du coup le manipulateur/farceur l’a gentiment adopté afin de vous décharger d’un poids trop lourd pour vous.
L’entreprise de démolition de l’autre est une pratique dont l’homme a toujours su tirer profit. Le barbare c’est l’autre car sinon il serait comme nous. Car pour être bon il faut forcément être comme nous. Du coup si on envahit leurs terres, violent les femmes et les enfants ça ne peut être que par humanisme. On ne peut pas laisser des femmes et des enfants avec des barbares. C’est ainsi que la destruction de l’image et du sens de l’autre ont réussi à justifier le massacre de peuples entiers.
Elle laisse des traces qui se transmettent de générations en générations de bourreaux et de victimes.
La construction mentale d’un descendant de victimes est cruelle car pour la victime l’homme fort est le bourreau. On le voit clairement dans les anciennes colonies, aux Antilles où la clarté de la peau assure au bénéficiaire un triomphe total auprès de la gente féminine.
Pour sortir du rôle de victime et se valoriser aux yeux des autres les descendants de victimes sont obligés de tuer symboliquement la victime une seconde fois.
C’est comme un antillais qui parle de travail à l’africaine ou de travail de nègre pour désigner un travail mal fait. Comme si sa réhabilitation sociale de descendant d’esclaves passait par les habits du colon qui a violé sa mère. Il ne peut pas porter les habits du père.
Le père est absent mais s’il est là on préférerai le voir ailleurs car au fond l’homme ce n’est pas lui.

Le mal que nous fait le footix

Après les concerts d’éloges et autre amour retrouvé pour l’équipe de France personne n’aurait cru que cette génération de joueurs nous ferait connaître un lendemain de défaite où l’on se réveille avec la bouche pâteuse.
Pourtant je n’ai aucun reproche à faire aux joueurs, quand je revois les larmes de Matuidi je ne veux pas rajouter ma colère à sa peine. Aussi surprenant que cela puisse paraître la défaite m’a moins énervé que certaines réactions avant la finale et après la défaite.

Avant la demi-finale personne ne voyait la France en finale. Après le coup de sifflet qui a renvoyé l’équipe d’Allemagne pleurer chez Angela Merkel, une espèce de Sapiens qu’on croyait disparu depuis 98 a fait sa réapparition : le footix homo opportunicus, l’homme politique, l’enfoiré du siècle dernier qui ne connaît rien au foot mais qui veut s’approprier une victoire qui n’est jamais acquise avant le coup de sifflet final. Je sais que le footix n’assume pas ses enflammades et autres pronostics désastreux dans lesquels il annonce Griezmann Ballon d’or. Les tweets à ce sujet ont été lâchement effacé. Griezmann l’aura sûrement un jour mais ce genre de fanfaronnades ne l’aide pas à sortir d’un marquage serré comme une colonne de CRS lors d’une finale d’Euro. Le Footix ne voit pas la passe qui arrive à Griezmann, il ne comprend pas les subtilités d’un système de jeu qui met en valeur les qualités physiques de Sissoko au détriment des qualités techniques de Pogba. 
Je ne citerai pas de noms de politiques car ils se sont fait assez de publicité sur l’Euro mais les voir se disputer le terrain médiatique, le champ des réactions des gens qui savaient mais que personne n’avait entendu sur le sujet avant les quarts de finale, ça va au-delà du ridicule.

Après la défaite, les footix pour qui Benzema est un prophète sont ressorti afin de nous montrer à quel point le racisme et la bêtise sont universels. 
C’est après la défaite qu’on reconnait les siens. 
On peut comprendre que le débat sur la binationalilé ait laissé des traces dans le coeur des franco maghrébins. Une discussion de xénophobes à heure de grande écoute, un débat sans stress dans lequel on jette la suspicion sur une partie de la population au lieu de progresser dans le vivre ensemble. Mais de là à dire que la France a perdu parce que Benzema ou BenArfa n’était pas là, faut pas se noyer dans la Sidi Ibrahim aussi. C’est la cohésion d’un groupe qui vous fait accéder à une finale, pas vos exploits personnels qui font la joie de vos potes lors de tournois de Foot 5. La différence entre Zidane et sa ribambelle de pseudo héritiers est claire comme l’eau d’un fleuve tranquille, d’un côté vous avez un des meilleurs joueurs de l’histoire du football qui se met au service de son équipe, de l’autre côté vous avez des joueurs talentueux qui pensent que l’équipe est au service de leur talent. Tous ceux qui font partie de cette deuxième catégorie induisent en erreur leurs fans qui crient au scandale si Benzema n’est pas sélectionné en EDF. Les mêmes l’insultent car il n’a pas choisi l’Algérie alors que sur place il est considéré comme français. 
Personne n’est heureux dans ce labyrinthe qui se prend pour une ligne droite.

Cette défaite aura un effet positif, elle enterrera temporairement le footix qui hibernera jusqu’à la prochaine coupe du monde et vu que cette CDM 2018 se passe chez Poutine, je pense que le footix aura du mal à mentir là bas. 

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